3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 14:37

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J'en parle peu souvent parce que ça me touche de près et que ça rythme plus ou moins ma vie, mais mes migraines sont potes avec des médocs peu recommandables.

Il y a deux ans, après des maux de têtes violents et une crise de spasmophilie, j'ai suivi un traitement de fond, comme ils disent.
Je vais chez un neurologue qui me fait marcher (pour de vrai), prend des mesures, parle avec moi, et après une heure et demie de consultation, me donne une ordonnance toute belle pour un anti-dépresseur quand je me demande encore comment j'en suis arrivée là.

J'ai beau la supplier de trouver autre chose, elle ne veut rien entendre.
Bon.

Je suis les recommandations à la lettre, je deviens un peu déphasée par rapport aux gens, j'ai un temps de retard en début de traitement, du mal à répondre du tac au tac, je mets quelques secondes pour assimiler les informations et pouvoir y répondre.
Les premiers jours sont insupportables, tout va trop vite à la télévision, je suis incapable de me concentrer et j'ai l'impression d'être agitée de l'intérieur sans pouvoir libérer toute cette énergie stagnante.
Il devient étrange de mettre sur le compte du médicament certains comportements, le fait de manger plus, d'être prompt à faire des activités, d'être plus ouvert. Il y a ce qu'on est et ce qu'on vous fait être avec quelques milligrames en plus par jour dans vos veines.
Après un an de grand bonheur, à gober sans broncher cette pilule blanche qui a fini par me faire voir la vie en rose, j'étais devenue une baudruche: de 47kg pour 1m63, j'ai frôlé les 62kg.
Une boulette quoi.

Je ne me suis pas rendue compte tout de suite du changement, on s'en est juste aperçus d'un coup, comme ça, comme si pendant la nuit je m'étais plaqué de la graisse un peu partout sur le corps et que javais trouvé ça joli.
Mon visage avait un double menton qu'on ne pouvait cacher, j'ai donc décidé d'arrêter le traitement parce que je n'avais plus l'impression de me reconnaître dans le miroir et que mes pantalons refusaient les uns après les autres de se fermer.

Sauf que, ce n'est pas si simple de couper le cordon.
Quand on suit un traitement de fond pendant un aussi long laps de temps, l'arrêt progressif entraîne des effets indésirables qui m'ont accablée pendant deux-trois mois : nausées qui me poussent aux toilettes sans vomir, vertiges à chaque pas, chute de tension improvisées, imprévisibles et l'humeur fluctuante.

 

Je n'avais plus trop de crises de migraines, donc je me disais qu'au final, je ne devrais plus repasser par un traitement aussi "lourd" pour une fille en bonne santé, et vu que mon cerveau avait appris à ne pas trop s'agiter pendant une période de stress, je pouvais naviguer tranquillement sur les flots sans m'inquiéter de chavirer.
Le sevrage se passe tant bien que mal, je tangue encore un peu sur mes pieds, mais je suis plus lucide que quand je prenais ma dose quotidienne.
 

Puis rebelotte.


Il y a quelques mois je suis en crise, j'enchaîne des maux de tête, des céphalées de tension et des migraines alternées et le moindre énervement me couche au lit.
Presque en pleurs et plus que pitoyable, j'arrive à joindre ma neurologue qui me redirige vers mon médecin pour trouver un traitement en attendant de la voir.

 

Une semaine plus tard je suis sous bêta-bloquants.
Une horreur.


Le début se passe mal, j'ai le coeur qui pompe trop doucement à mon goût, je marche sur de l'ouate et n'arrive plus trop à réagir en temps et en heure.
Puis je m'habitue petit à petit à vivre comme un escargot et à accepter qu'un coeur qui bat moins vite c'est aussi une solution contre la migraine, que les médecins savent ce qu'ils font.

Effectivement, après plusieurs mois, je n'ai quasiment plus de crise, mais aussi, je n'arrive plus trop à faire d'efforts.
Courir est plutôt pénible, monter ou descendre des marches d'escalier me crève.
Je pèse 55 kg mais j'ai toujours l'impression de ne plus être pareille.

Je décide de voir le médecin, pour lui dire que j'aimerais qu'on arrête de rigoler, que le cirque a assez duré, et que je veux qu'on me dédouane de ce genre de médicament sur le champ.
Si avec l'anti-dépresseur, j'étais dans un bonheur béat et complètement aveugle, le bêta-bloquant, lui, joue sur un terrain plus glissant.

Mes pensées qui jusqu'alors ne s'étalaient que sur du court terme, à me demander ce que j'allais devenir dans un mois, ont pris le large et me font désormais voir ma vie d'un bout à l'autre.
Comme une cage d'incertitude, chaque pas dessine un grand trou noir, je ne suis plus sûre de rien et en doute permanent, rien que du joyeux qui angoisse plus qu'il ne rassure.

 

Second sevrage.
Je suis en plein dedans.

 

Le docteur me dit "vois jusqu'où tu peux aller, et si tu te sens bien à une certaine dose, on continuera comme ça".
Moi je veux que ça quitte mon sang, que ça arrête de jouer avec mon coeur, ma vie, mon cerveau, c'est trop d'enjeux dans un seul cachet.

Je suis d'humeur exécrable, m'énerve à la moindre anicroche, et comme je ne peux descendre les doses que par palliers, je suis contrainte d'attendre avec impatience de pouvoir retirer quelques mg tous les 10 jours en espérant me sentir mieux.
Je suis toujours aussi fatiguée.
 

Dans 24h, je descendrai d'un second pallier, en espérant que mon état migraineux n'empire pas, que je ne doive pas faire trop d'efforts pour garder le cap et que les effets indésirables du manque ne soient pas trop présents.

J'ai écrit ce billet pour que vous réflechissiez à deux fois quand on vous prescrit des traitements de fond : parce que oui, certes, ils vous offrent un confort de vie pendant quelques mois, quelques années, deviennent une béquille, mais il faut accepter que la migraine, c'est un flou médical, que ça inclut trop de choses pour être traité aussi facilement.
L'impression d'être une poule à qui on lance des cachets pour qu'elle ne fasse pas trop de bruit m'insupporte aussi.


On est faible dans ces cas-là, dans le cabinet d'une personne qui a fait des études pour vous soigner.
On pense que tout se résoudra sans encombres, qu'on aura que le bien dans une pilule sans aucun aspect négatif.
C'est faux.

Et ça avait trop d'impact que pour que je me taise.

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Published by rosecocoon - dans Humeurs
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commentaires

maefred 08/05/2013 23:02

AnneB, les beta bloquants pour soigner les migraines, c'est très fréquent. Moi aussi j'ai suivi ce traitement (mais aucun impact particulier sur moi, j'ai continué le sport, pas de soucis). Par
contre c'était sur une durée limitée, 3 mois. En revanche c'est vrai, comme l'a dit qq plus haut, que voir un psy ou pratiquer des medecines douces telles que la sophro peut avoir un réel impact
sur les migraines.

Ou alors la grossesse ;-) depuis que je suis enceinte je n'ai eu qu'une seule migraine (en 7 mois ! contre 1 à 2 par mois en temps normal !). et il parait que parfois, les migraines ne reviennent
pas après la grossesse (si il y a qq la haut, je vous en supplie, faites que ça soit mon cas !).
quoi qu'il en soit je compatis vraiment car je sais trop comme ça peut te pourrir la vie. Bon courage et j'espère que tu vas trouver une solution...

rosecocoon 10/05/2013 10:10



Merci maefred :)
Pour l'instant ça va, même si je fais l'arrêt du médicament lentement mais sûrement, je n'ai eu qu'une migraine, et elle est passée assez vite, donc je croise les doigts.

Et félicitations pour le bébé à venir !



BCASS 06/05/2013 00:17

Argh, comment ne pas être touchée par un tel article. Migraineuse depuis mes 10 ans, et toujours pas de solutions réelles. Pourtant je dois prendre des bêta-bloquants pour un autre problème et même
ça ne les diminue pas. Courage en tout cas , j'me dit qu'on finira par trouver quelque chose :) (ouii je sais l'espoir fait vivre, mais c'est pas plus mal)

rosecocoon 06/05/2013 22:54



je me dis aussi qu'on finira par trouver quelque chose, être optimiste ça peut permettre d'un peu espacer les migraines aussi :)



Ophélie 03/05/2013 13:10

Ton article me touche énormément, je suis migraineuse depuis toujours, depuis que je suis une petite fille...
Je connais toutes les phases, tous les traitements, les plus durs, les plus loufoques, les piqûres, l'hospitalisation, la peur, la douleur, le mal qui ronge la vie tout doucement avec cette peur
sourde que ça recommence encore et encore.. m'empêchant de vivre ma vie tout simplement..
Malheureusement, je n'ai toujours pas de solutions, pourtant j'ai consulté des neurologues et j'ai même consulté le fameux centre à Lariboisière qui a une urgence pour les céphalées.. ils m'ont
aidé, m'ont perfusé et le verdict est tombé : pas de solutions, mais je le savais déjà, bien sûr.
Je connais ce sentiment d'être dans une bulle, quand l'envie de s'arracher les yeux tant la douleur est vive est plus forte que tout...
Alors te dire que je compatis à ta douleur et a ton combat est un faible mot...
Courage

rosecocoon 05/05/2013 19:05



Tu as l'air de connaître plus ou moins le même niveau de douleur que moi (c'est malheureux quand même)
Courage à toi aussi !



AnneB 01/05/2013 15:30

Un antidépresseur pour soigner la migraine ??? non-mais-je-dois-rêver. J'en ai pris pendant 1 an, pour d'autres raisons, et la description de ton ressenti est tellement exacte... J'ai pris 10 kg
moi et effectivement il faut arrêter progressivement. Sinon je suis migraineuse aussi, mais on m'a donné des vaso constricteurs, des vaso dilatateurs selon le type de migraine (oui, j'en ai
plusieurs) mais des bêta bloquants ! C'est quoi tes médecins là ? Il y a quand même des chemins à parcourir, des pistes à creuser avant de passer au traitement de cheval (euh pardon, traitement de
fond). Bon courage Mona

rosecocoon 05/05/2013 18:55



He oui, je suis trop nerveuse, et même si mon médecin n'était pas pour la prescription d'anti-dépresseur par la neurologue, en soi, ça m'a fait du bien, le sevrage était juste HYPER chaotique.
Sûr que si c'était à refaire, je dirais non.

Là j'ai bientôt fini le sevrage, je suppose que dans un bon mois, ce sera fini, mais je m'accroche même si j'ai l'impression que ça dure une éternité !



Blondie 24/04/2013 15:38

un bien jolie discours dans lequel hélas je me reconnais....je ne suis pas migraine mais plus "stress". Mais un stress fou qui me perturbe en permanence. J'était d'un naturel anxieuse avant de
travailler chez un con et puis ce con m'a détruite...sous anxio toute la journée avec une dose pas franchement raisonnable + des somnifère la nuit. Mon ancien patron me malmené tellement que
j'avais perdu 12kg et toute consience de la réalité. a la fin de mon "traitement" de choc je prenait un somnifère le matin au réveil pour ne pas "tomber ou faiblir" devant ce con de patron. Et puis
j'ai changé de patron : j'ai donc éliminé la source d'un problème mais pas la totalité puisque désormais je prend mes anxios le week end ou le soir en rentrant chez moi pour me vider la tete. Mon
médecin diminue mes doses mais mon horloge interne comprend plus rien et depuis 7 mois je me demande encore si je suis sorti d'affaire...Parfois des gros coup de blues, des pertes d'appétit, des
pas le gout....
Vider son sac ça fait du bien !! moi je n'y parviens pas malgrès avoir vu plusieur type de médecin qui me dise "mais l'anxiété est dans votre nature on ne change pas ça nature"....tu parles !!! a
22 ans (allez 23 dans 2 mois) je passe pas une journée sans "petit truc" pour me détendre....je veux savoir comment se passe la fin de ton sevrage car moi je n'en voi pas le bout et en déprime. des
bisous

rosecocoon 01/05/2013 11:10



Les migraines peuvent être déclenchées par le stress aussi, en tout cas chez moi il y a un lien, ça touche aussi à la tension.
Pour ce que tu as vécu, j'en suis désolée, ça prend toujours plus de temps de se relever même si on élimine la source du problème, c'est le genre d'expérience qui laisse des traces :/
Pour l'instant je suis d'humeur un peu inégale, je t'avoue que c'est un peu compliqué et je passe par des phases de grande fatigue et d'autres plus joyeuses.

Ca dure longtemps, et je ne suis pas assurée, au bout du chemin, d'avoir moins de migraines qu'avant. On verra.

bon courage en tout cas.



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