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Humeurs

En général, quand j'ouvre mon ordinateur, je sais très bien où je vais, ce que je vais y faire, et quand je le referme (quand je le referme) j'ai fait ce que j'avais à faire.

Sauf que des fois, il y a pas mal de choses qui me laissent perplexe.

http://www.airdeparis.com/jfp/drawings/2007/5.jpg

Il ne faut pas croire que tout ce  petit monde qui peuple l'espace virtuel est aussi insignifiant et gentil qu'au pays de Candy.

Non.

 

Y a du grabuge dans la fibre optique, ça pique, ça s'éclate, les gens se prennent pour des super-héros du clavier.

Faut voir à quelle allure des rumeurs se répandent quand on a juste émis une opinion.

C'est à devenir dingue et à se plâtrer un bras juste pour rire.

 

J'ai un peu du mal à visualiser les internautes autrement que comme des gens qui sont habillés avec la tête de tinky winky et une jupe à clochette, quand ce qu'ils tapent pour arriver sur mon blog a quelque chose d'étrange.

Je n'évoquerai même pas le mot "absurde", parce qu'on part plutôt du côté de la 86ème dimension, par là, vers la gauche.

 

Je les vois déjà, se lever le matin, l'édredon aux couleurs de la reine d'Angleterre, une franche gueule de bois bien assumée.

Se glisser jusqu'à la cuisine pour se verser des corn flakes alphabeta avec lesquels ils tentent d'écrire un mot.

Sauf qu'il y a trop de voyelles, c'est toujours la même rengaine.

Se traîner jusqu'à la douche, et se laver avec le savon de paris hilton, et une éponge jackson five.

Se faire la coupe d'Elvis, et mettre un tutu à floches.

 

Puis s'installer à leur tout de contrôle, AKA leur super ordinateur de geek, avec ventilo intégré pour ne pas mourir de chaud quand la bête est en surchauffe.

 

Et taper sur google, d'un geste nonchalant : "chihuahua avec une tête de lasagne".

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J'ai une réponse à fournir à ce genre de requête, si si :


"Monsieur (madame ?), le chihuahua est un chien, qui, je l'avoue volontiers, peut souvent avoir une tronche de cake, ou une face de canard.

Il peut ressembler à un roquet affublé d'yeux de merlan frits, avoir une démarche de baraki, et une haleine de chacal.

Mais en aucun cas il n'aura une tête de lasagne.

Jamais.

 

A moins que vous n'ayez envie de faire un nouveau genre de cuisine moléculaire, et dans ce cas, je vous souhaite bonne chance.

Car le milieu n'est pas très ouvert à ce genre d'intervention animale dans les plats traditionnels."

 

Il y a du peuple pour qui ça ne tourne pas rond sous le capuchon.


Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 10:12
- Par rosecocoon - Publié dans : Humeurs - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Fait véridique, quand j'étais petite, je pensais qu'on pouvait changer de peau.

Passer du blanc au noir, au jaune, voire au vert.

 

En gros, j'étais sûre que le peuple pouvait se la jouer caméléon, à la façon "je te retourne mon épiderme, tu vas rien comprendre".

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J'avais un prof de math qui passait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel en un cours, il mettait son doigt dans la valise posée sur le bureau, ça faisait un bip, et il devenait mauve. Encore une fois, je trouvais ça plus fascinant que tout ce qu'il nous racontait, et ça avait le don de mettre mes points en berne.

 

C'était la faute (comme toujours) aux bouquins fantastiques que j'avais pu lire, dans lesquels le héros mutait sans arrêt, et avait aussi une bestiole qui se la jouait pokémon Evolution, perchée sur son épaule.

En gros, il y avait comme une logique implacable dans ma tête qui disait : si tu veux devenir peau rouge, tu peux devenir peau rouge.

 

J'étais née toute jaune de toute façon, au soleil je bronzais comme un chocolat au lait, j'avais du mal à me dire que je n'avais pas les mêmes capacités métamorphiques que le caméléon qu'on voyait dans les émission nature et découverte.

Puis c'était la faute (comme d'habitude) à Michael Jackson, et ses pas de danse, quand il tournait sur lui-même, il passait du blanc au noir sans arrêt, de quoi donner le tournis aux gosses branchés sur MTV.

 

C'est pour ça qu'un jour, j'ai juste demandé à maman : "c'est quand que je deviens noire, dis, dis ?".

Ca l'a laissée perplexe je crois.

 

Du coup ça me reste en travers de la gorge.

Comme un goût de quelque chose de non accompli auquel j'ai du me faire, avec mes cheveux bouclés qui n'ont rien d'une tignasse frisée, un teint d'italienne malade et des yeux bruns fadasse.

 

Adieu cul d'enfer, croupe de black, cuissailles claquantes et nez patate.

Je fais mon deuil comme je peux, tu vois, je trace ma route, je m'adapte.


Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 13:35
- Par rosecocoon - Publié dans : Humeurs - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Je parais plus jeune que mon âge et s'il fallait trouver des coupables, il faudrait jeter un coup d’œil du côté des gènes de ma mère. Elle a du tout me donner à la naissance pour ne rien laisser à mes sœurs, qui elles paraissent leurs années voire plus.

 

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Quand j'étais petite,ce n'était pas flagrant, même si le fait de ressembler à un moustique tout fragile avait tendance à me faire passer pour une petite chose sans défense.

Ça m'embêtait moyen à 6 ans, mais quand j'ai commencé à préciser que j'avais 7 ans ET DEMI, le moustique a voulu se la jouer rebelle.

 

C'est connu, ce qui est mini a tendance à se penser maxi, je voulais grimper sur des montagnes d'histoires bien trop grandes pour moi, et en général, ça se finissait mal.

 

Quand j'ai eu 16 ans, j'avais la tête d'une pré-ado.

A 20 ans, on m'en donnait 15.

A 24 ans, c'est devenu franchement barbant d'avoir l'air d'une môme de 18.

 

Paraître plus jeune que son âge, c'est perdre une certaine crédibilité face à son auditoire, alors qu'on est déjà adulte depuis un petit moment.

Il y a des phrases qu'on doit répéter haut et fort, bien appuyer sur des mots, utiliser un vocable qui fait paraître plus érudit que l'âge qu'on nous donne.

 

On est obligé aussi de soigner sa tenue en conséquence, de ne pas porter de baskets, parce qu'apparemment la vingtaine est un cap au-delà duquel on ne porte que des talons.

Ne plus se maquiller comme une gamine, ni avoir l'air trop apprêtée.

Lire du Truman Capote et non pas Harry Potter dans le tram.

Bannir les machins à paillettes, et les phrases du style « haha, il déchire ton fute mec ».

Toujours avoir l'air classe, mais pas trop, un air détendu mais un peu coincé quand même.

 

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Parce que ça devient presque une nécessité, ce besoin de s'affirmer.

Une volonté qui est pourtant souvent contrebalancée par ce plaisir de rester jeune.

 

Il ne faut pas se leurrer, dans tout ce micmac de frustrations, il existe une partie de moi qui aime qu'on lui dise que les années n'ont pas encore de prise, que j'ai un bonus par rapport aux autres.

 

J'en joue parfois, je suis tantôt jouette, tantôt carrément loque.

Je rentrais gratuitement au Louvre, JADIS, alors que j'avais bien dépassé l'âge limite pour pouvoir profiter de ça.

 

Je plais aussi bien plus au garçons plus jeunes que moi.

Ce qui pourrait me flatter/servir si j'étais une cougar avant l'heure, ou un peu mentalement retardée, mais qui a plutôt tendance à me désespérer.

 

On a beau me dire qu'avec un cadeau pareil de la nature, je ne devrais même pas faire ma ronchon, que l'on me voit comme quelqu'un d'à peine majeur et qui viendrait seulement de décrocher son bac ne devrait pas m'offenser.

 

Que tout ce temps qui ne se voit pas c'est autant de minutes et d'heures gagnées pour plus tard.

Pourtant je reste sceptique quant à la réelle utilité de ce présent maternel.

 

Parce qu'à part coller aux codes de beautés actuels, à savoir « préserver votre jeunesse de manière éternelle », ce dont je me contrefous, il n'y a pas un seul moment dans ma vie dont mon manque de maturité physique pourrait profiter.

 

J'ai pourtant tous les attributs d'une femme, le porte-monnaie qui va avec, des cheveux coiffés, et pas une touche de gloss rose fuschia sur les lèvres.

Je marche normalement, je n'ai plus d'appareil dentaire pour gâcher la vue, ni de macro-globes quand je mets mes lunettes de binoclarde.

 

Mais c'est comme une ritournelle, j'ai une tête de môme, un peu coincée entre deux temps, je m'y fais tu sais, même si ça fait long le voyage.

 

Il y a des jours qui durent longtemps, où les gens restent accrochés à mon visage sans croire à mes mots quand je leur dis que j'ai plus de vingt ans.

A penser que mes petites sœurs sont en fait les plus grandes de la famille, alors que j'ai tous les arguments pour prouver le contraire.

 

Ah tu sais dans ces cas-là il n'y a rien à faire.

Juste attendre que ça passe.


Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 15:38
- Par rosecocoon - Publié dans : Humeurs - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

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C'était une journée où il a plu tout du long, à chercher mon chemin entre les gouttes.

J'avais de l'eau sur le front, le temps pour râler contre une voiture trop entreprenante.

 

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Puis tout est devenu pourpre, il y avait beaucoup de gens, certains qui criaient, tout comme les enfants.

 

Ça galopait, il y avait la jeunesse qui se mêlait à la vieillesse.

Des gens qui étaient tous bloqués à l'intérieur à cause du temps et profitaient de leurs enfants.

 

Il y avait aussi le message de reproche d'un parent, puis le sourire d'une blonde.

J'ai un peu pensé à mon chien qui était seul à la maison, et à l'odeur d'herbe mouillée qu'il devait y avoir dehors.

 

Le chauffage tournait à fond, je répondais, je servais, je repartais dans mes pensées, j'avais de quoi faire.

Un appel de ma mère, j'allais bien, je revenais plus tard mais pas tout de suite.

Je n'avais pas mangé de la journée, mon ventre faisait du bruit, mais je l'entendais à peine dans tout ce brouhaha.

Le téléphone sonnait sans arrêt, quand enfin la journée commençait à toucher la nuit de près.

 

Je suis rentrée chez moi, en marchant sur les pavés mouillés, j'avais beau sautiller, l'eau se prenait à mes pieds en petits tourbillons brillants.

 

Chez moi, il y avait la chaleur, les câlins avec ma bestiole, les messages laissés sur ma page et un sourire sur mon visage.

 

Tout a changé en un clin d'oeil, sans que je comprenne.

Une femme s'était pris le pied dans un tapis, et n'avait pas vécu jusqu'ici.

 

Shoe Shoe Shoe.

Ce que ce monde est doux, mais bien moins fou sans toi.


Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 23:08
- Par rosecocoon - Publié dans : Humeurs - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

On a tous un corps qui commence par une tête et finit par des pieds.

A priori.

 

En tout cas moi je suis née comme ça, avec des petons tous petits, tous mignons, qui tenaient dans les mains de ma mère, ont fait leurs premiers pas.

Puis se sont fait oublier à mesure que je grandissais, puisqu'ils s'éloignaient de mes mains, que je prenais de la hauteur.


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Même si c'est bien chouette de pouvoir marcher, j'aime pas mes pieds.

Ils sont un peu malingres, fins, leurs doigts ne sont pas longs, mais tous courts, on dirait que sur mon plan de montage on a voulu faire des économies sur les phalanges.

 

Les ongles n'en parlons pas, le vernis n'a pas sa place sur une surface aussi péniblement étroite.

 

Je ne marche pas droit, ils font leur vie, surtout le matin, quand je ne suis pas bien éveillée, y en a toujours un pour dire merde à l'autre.

 

Je vois toutes ces filles qui se baladent en faisant des petits pas, perchées sur des échasses, la gambette aussi longue qu'un chewing-gum qu'on étire.

Il y a comme un air fleuri dans leur sillage, une idée de classe à la Audrey Hepburn.

 

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Ça s'invente pas une belle démarche, y en a pour qui c'est inné.

 

Je pourrais faire comme elles, passer des chaussons merveilleux, me sentir comme dans une pantoufle alors que j'ai pris 10 centimètres en un tour de main.

Mais mes pieds n'aiment pas ça.

 

Ça se recroqueville, se tord dans l'escarpin, et la douleur paraît sur mon visage, bien présente, intenable.

J'ai essayé, mais rares sont les paires dans lesquelles je me sente bien.


Du coup je reste à regarder les chaussures à talons haut, assise sur un pouf dans un magasin, avec un vague sourire collé au visage quand je vois une pimbêche marcher comme un canard.

 

Je n'ai pas des pieds de mademoiselle.

Mais je les chouchoute quand même.

On ne sait jamais que je tombe un jour sur un fétichiste du panard demi-portion.


Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 13:32
- Par rosecocoon - Publié dans : Humeurs - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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