Aujourd'hui, j'ai passé une IRM.
Autant dire que dans ma vie, c'est comme d'aller sur une attraction forte : j'y vais vraiment parce qu'on m'y oblige, mais si je
pouvais, je préfèrerais me foutre un doigt dans l'oeil.
Habitant la périphérie, j'ai du me lever à l'aube, m'entourer de gens aux yeux bouffis, croiser le gars qui bouscule tout le monde avec son sac à dos, traîner mes pattes jusqu'au métro, le prendre juste à temps, trouver une place, m'asseoir, et arriver à bon port.
Ne pas faire tomber un couple de vieux en courant pour arriver à l'heure.
Faire pipi 20 minutes avant l'examen, et pas 30.
Être à jeun.
J'avais la dalle.
Du coup j'étais pas d'humeur pour remplir le questionnaire médical, celui qui croit te poser des questions de base, mais sur lequel tu flippes quand tu vois qu'il y a deux cases, qu'on te demande si t'es allergique à l'iode et à la pénicilline, et qu'à 8h du mat', tu sais surtout que c'est l'heure des croissants à la gelée de groseille (oui encore elle).
Tu te dis que pour l'iode, si c'était le cas, les soles meunières qui sont passées par ton ventre aurait eu du mal à trouver leur chemin jusqu'à la sortie.
Et que pour la pénicilline, si marie curry avait envie de t'aider à t'en souvenir, ce serait un coup de pouce du matin qui ferait sacrément du bien.
Y a aussi des questions qui sont suivies par d'autres, mais sans ponctuation.
Ça te fait penser qu'à l'école on te tapait sur les doigts avec une règle quand t'oubliais d'ouvrir les guillemets, puis finalement, j'ai les cils qui battent un peu fort, et je m'assoupis.
Un grand gaillard roux type l'infirmier pataud de Nurse Jackie m'appelle un peu trop fort, je me traîne encore et le suit jusqu'aux cabines, où je me déshabille en faisant voler les fringues. (BLAGUE)
Je me demande si je dois garder mes chaussettes, vu que sans mes lunettes je ne verrai pas où je mets les pieds.
Je les enlève quand même, sors du vestiaire, me dirige vers la seule masse brune qui ressemble à un siège et j'attends.
Puis arrive la grosse plaisanterie du chef : injection de Buscopan en intraveineuse.
L'infirmier dit que c'est "pour pas que vos viscères bougent pendant l'examen, madame". Madame toi-même, y a rien qui gigote dans mon bidou ce matin, juste de l'air tellement je brasse du rien dans mon estomac.
Je lui réponds que le Bubu ça a jamais marché sur moi, mais ça le fait bien sourire que je dise ça.
Directement après il me montre la bête.
Cylindre impressionnant, une fois couchée dedans, ma tendance à la claustrophobie décide de venir me dire bonjour. Je me raisonne, le gars roux m'a donné un champignon sur lequel je peux appuyer au cas où quelque chose ne va pas.
Deux minutes après, ça va PAS.
J'ai une peur panique que mes implants dentaires et tous les machins en fer dans ma bouche explosent et sortent de mon visage dans un bain de sang incroyable.
Y a des papillons noirs devant mes yeux, je me demande s'il va y avoir une morte dans la machine.
Le roux est déjà de retour, il veut que je remonte mon corps, je suis pas bien mise pour l'imagerie.
Je lève la tête et voit qu'en fait, au bout du cylindre, c'est ouvert, je suis pas trop enfermée, presqu'à l'air libre.
Il repart et fait tourner l'IRM pendant 20 minutes.
Moi j'ai encore peur que mes dents foutent le camp, même s'il m'a dit que c'était impossible, je ne crois pas une personne qui met les patients en boîte à longueur de journée.
Du coup je serre les mâchoires pendant tout l'examen, au lieu de me détendre.
Je ne sais pas s'il y avait seulement du Bubu dans l'intraveineuse, mais il s'est passé que mon cerveau a pas tout compris, et dix minutes après l'examen, je tanguais dans les couloirs en cherchant le chemin du retour pour aller travailler.
J'ai plané comme ça pendant des heures, mon bras devenait un peu bleu là où on m'avait piquée, la couleur était belle tiens.
J'espère qu'on règlera juste ce problème de mal de bidou, qu'une IRM aura suffit.
Parce que moi je remets plus les pieds dans le tube, comme ça c'est dit.

















